Les signaux traduisant l’essoufflement de la tendance haussière des actions américaines commencent à affluer. Ces signaux ne sont pas que de nature technique, comme par exemple la diminution des volumes de transactions que l’on observe depuis plusieurs semaines. Ils touchent également les variables fondamentales.

Le P/E à 12 mois du SP500 est remonté à 24,5x. C’est un niveau proche du plus haut atteint début septembre (25,4x). On pourra remarquer que vendredi dernier, si l’indice a enregistré un plus haut historique à 3700 points, ce n’est pas le cas de son ratio de valorisation.
Les actions américaines sont donc redevenues chères. Ce n’est pas justifié dans la mesure où le taux de croissance des prévisions de bénéfices est encore négatif. S’il s’est effectivement redressé par rapport à son plus bas de juin (-10,1%), il se situe encore à -6,1% en glissement annuel.

L’autre variable fondamentale qui se dégrade est le rendement des emprunts d’Etat à 10 ans. Nous savons qu’au moins depuis le krach de 1987, il existe une relation causale qui va des taux d’intérêts vers les actions, et qui fonctionne surtout comme un indicateur de risque.

C’est ainsi que toute divergence entre des emprunts d’Etat dont les prix baissent et des marchés d’actions haussiers constitue un facteur de risque pour ces derniers. Si les déconnexions de ce type peuvent durer un certain temps, elles font l’objet tôt ou tard d’un rattrapage plus ou moins brutal.

Depuis 2017, il y a eu déjà trois cas avérés de déconnexion. Depuis le mois d’août dernier, les actions américaines vivent à nouveau avec cette épée de Damoclès (Cf. Chart ci-après).

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