Si l’on regarde les données économiques, les marchés boursiers semblent avoir pris beaucoup d’avance sur le cycle économique. Alors que ce dernier semble à peine avoir touché un point bas, le rebond des Bourses est déjà conséquent : 70% de retracement pour l’EuroStoxx50, 85% pour le SP500, 90% pour le Nikkei et 100% pour le Nasdaq100.

Dans la mesure où les investisseurs sont allés trop vite dans la besogne, la situation se caractérise à nouveau par des valorisations boursières souvent excessives. Le cas le plus flagrant concerne les actions du Nasdaq qui s’échangent en moyenne à près de 28x les prévisions de bénéfices à 12 mois. C’est un niveau supérieur à celui qui prévalait avant la crise et bien loin des 17,7x que les investisseurs acceptaient de payer au plus fort de la crise.

S’il est légitime de penser que les données économiques et les valorisations élevées devraient tempérer l’appétit des investisseurs, rappelons-nous que le marché dispose de la raison du plus fort.

En trouvant un relai de croissance dans les flux et les titres décotés, les marchés boursiers disposent encore d’une marge de progression.

Si l’on analyse l’évolution du CAC40 et des volumes d’échange, on constate que la puissante vague de baisse causée par la crise sanitaire a été accompagnée d’une forte augmentation des volumes.
Puis l’indice s’est redressé à partir de fin mars, mais avec des volumes beaucoup plus faibles. Il s’agit d’une configuration typique après une phase de panique boursière : les investisseurs, encore échaudés par la crise, ne se pressent pas pour revenir sur le marché.
Un mouvement de consolidation s’est ensuite dessiné puis le marché est reparti à la hausse dans des volumes de transactions en progression sensible, dessinant ainsi une seconde vague haussière.

L’augmentation des volumes montre un retour des investisseurs, notamment ceux qui n’avaient pas pris part au premier rebond. Il provient également d’arbitrages en faveur de l’Europe. Les investisseurs, conscients de la valorisation excessive des actions américaines, se sont tournés vers les marchés européens dont les valorisations étaient plus attractives.

Preuve par neuf de ce retour des investisseurs, la hausse de l’euro qui s’est appréciée de près de 5% par rapport au dollar depuis le mois de mai.

L’incertitude liée à l’élection présidentielle est l’autre raison qui a poussé les investisseurs à traverser l’atlantique. Dans cinq mois, l’élection présidentielle américaine va avoir lieu et l’issue est incertaine. Donald Trump est en perte de vitesse et l’on sait que les marchés financiers ne sont guère favorables aux démocrates.

Concernant le CAC40, nous pensons qu’une fois la consolidation actuelle terminée, l’indice devrait réaliser une nouvelle (et dernière ?) vague de hausse dont nous situons l’objectif à 5500 points.

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