Dominées à plus de 70% par les investisseurs individuels, souvent impulsifs et superstitieux, les Bourses chinoises dépendent fortement de la confiance du consommateur chinois. En témoigne le coefficient de corrélation entre les deux variables qui ressort à 35% en moyenne depuis 10 ans.

Si l’impact de l’épidémie sur l’économie chinoise ne semble pas encore identifié avec précision, il ne sera pas sans conséquence sur la confiance du consommateur, d’autant que celle-ci se situe sur des niveaux historiquement élevés et qu’un retour sur sa moyenne de long terme n’est pas à exclure (Cf. chart ci-après).


La perspective d’une chute de la confiance des consommateurs a de grandes chances de se propager sur les Bourses chinoises. Déjà, à la réouverture de celles-ci, après les fêtes du nouvel an chinois, la prime de risque sur les actions de l’indice SSE50 s’est envolée à 8,5% contre 6,5% avant les fêtes (Cf. chart ci-après), ce qui s’est soldé par une chute de 9% de l’indice.

Depuis, l’indice SSE50 a retracé une partie de la baisse, mais la faiblesse des volumes de transactions qui ont accompagné ce rebond le rend fragile. Si l’épidémie se poursuit et si la mise au point d’un vaccin tarde à venir, une nouvelle poussée de l’aversion au risque pourrait entrainer de nouvelles pertes boursières.

Toutefois, les actions chinoises affichent une des valorisations les plus faibles des Bourses mondiales et leur PER se situe bien au-dessous de sa moyenne à 5 ans, ce qui devrait limiter la « casse ».

Le P/E prévisionnel à 12 mois de l’indice SSE peut néanmoins revenir à 8,5 ce qui fait planer sur les actions chinoises un nouveau risque baissier de l’ordre de 10%, toutes choses égales par ailleurs. Les actions chinoises feraient alors apparaitre une configuration inverse de celle de fin 2017, en devenant excessivement sous-évaluées (Cf. chart ci-après).


Quoi qu’il en soit, les actions chinoises ne sont guère recommandables pour le moment. Preuve par neuf de cette défiance des investisseurs à leur égard, la force relative de l’indice Shanghai 50 par rapport au Stoxx600 (en euros), qui reste orientée vers le sud (Cf. chart ci-après).

Converties en euros, les actions chinoises devraient continuer leur cycle de sous-performance des actions européennes amorcé au dernier trimestre 2019. La force relative pourrait alors perdre 12% et retomber sur un support de long terme.

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