Comme l’a écrit Karl Marx, si l’histoire ne se répète pas, elle peut bégayer.

Depuis 11 ans, la Bourse américaine s’inscrit dans un bull market que seuls la crise grecque de 2011, le krach boursier chinois de 2015 et la hausse des taux d’intérêt en 2018 dans un contexte de valorisation excessive des actions, ont pu brièvement interrompre.

Mais depuis l’été, les signes d’une accélération du ralentissement de l’économie mondiale sont de plus en plus visibles, avec le risque que cela débouche sur une récession aux Etats-Unis, comme le laisse envisager l’inversion de la courbe des taux d’intérêt.

Hier, la publication du chiffre de l’ISM manufacturier, inférieur aux attentes du consensus, a jeté un froid sur les marchés en rendant de plus en plus plausible le scénario d’une prochaine entrée en contraction de la production industrielle américaine. Or quoi qu’on en dise, la production industrielle reste le cœur d’une économie.

Depuis le début de l’été, nous avons mis en évidence plusieurs signes indiquant que le bull market sur les actions américaines était entré dans sa phase terminale :

  • Détérioration du cycle des prévisions de bénéfices sur de nombreux indices boursiers dont le Nasdaq et le SP500.
  • Surperformance des TNotes sur le SP500.
  • Chute de la dette sur marge.
  • Sentiment des consommateurs américains (University of Michigan Survey) trop bullish sur les perspectives haussières des actions américaines…

A cet égard, la configuration de la prime de risque prospective sur le SP500, notre indicateur fétiche, est éloquente. Alors que l’indice a réalisé un plus haut annuel fin juillet, la prime de risque s’est nettement tendue, traduisant un retour de l’aversion au risque.
Rappelons qu’une hausse des actions n’est pas synonyme d’une hausse de l’appétit pour le risque, une erreur souvent faite dans les commentaires des analystes.
Ajoutons que le signal actuel est beaucoup plus fort que celui que nous avions repéré en septembre 2018 et qui nous avait amené à tirer la sonnette d’alarme sur le scénario d’une nouvelle et forte correction.

 

Il semble maintenant trop tard, la baisse des taux, principale combustible de la hausse des indices depuis le début de l’année, n’empêchera pas un krach à Wall Street !

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