Début juin, nous avions envisagé un raffermissement de l’euro face au dollar. Le rebond a bien eu lieu mais il a fait long feu et la monnaie unique s’est arrêtée à 1,14 alors que nous avions envisagé qu’elle puisse à moyen terme rejoindre le niveau de 1,18$.

Par la suite, l’euro a renoué avec sa tendance baissière amorcée en avril 2018. L’enfoncement du seuil de 1,11$ nous amène à envisager une poursuite de la baisse avec comme prochain objectif, le comblement du gap hebdomadaire (1,0778/1,0821) crée au lendemain du résultat des élections présidentielles françaises, en avril 2017.

Une fois cet objectif atteint, il y a de bonnes raisons pour envisager que la dépréciation se prolonge. Le taux de change entre l’euro et le dollar étant notamment une histoire d’écart d’anticipation de croissance économique, les problèmes rencontrés sur ce plan par l’union européenne ne sont pas de nature à inverser durablement la tendance.

Le constat est identique concernant l’évolution du différentiel de taux d’intérêt. Avec des taux négatifs sur toutes les échéances courtes ou moyennes, et des rendements très faibles sur les échéances longues (à l’exceptions des pays périphériques), la zone euro ne peut guère rivaliser avec les Etats-Unis dont toutes les durations affichent encore des rendements supérieurs à 1,5%.

Avec ces fondamentaux peu encourageants, à quel niveau l’euro peut-il revenir en 2020 ?

Notre modèle d’équilibre des taux de change, qui indique sur longue période la « fair value » d’une monnaie par rapport à une autre, en prenant en compte le solde de la balance commerciale, le différentiel des taux d’intérêt réels et le différentiel de croissance des BPA prévisionnels entre les grandes capitalisations des Bourses de chacun des deux pays, apporte la réponse suivante :

Après avoir atteint son niveau d’équilibre en janvier 2018, à 1,22$, l’EUR/USD a de nouveau reculé pour retomber au-dessous de ses moyennes mobiles de référence. Avec la réapparition d’une inertie baissière, Le scénario d’un retour à la parité entre les deux monnaies, c’est-à-dire 1 euro pour 1 dollar, est redevenu d’actualité. Ce niveau correspond à peu près au niveau de la borne basse de l’enveloppe de fluctuation que nous déterminons à partir de la volatilité du taux de change.

Ce scénario ferait alors apparaître une sous-évaluation de l’euro de l’ordre de 18% par rapport au dollar, ce qui ne va surement pas plaire à Donald Trump…

 

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