Depuis le début de l’année, le SP500 et le prix des emprunts d’Etat à 10 ans ont respectivement progressé de +18,7% et +7,3%. Jusque là tout va bien puisque selon le schéma théorique classique bien connu, une baisse des taux d’intérêt à long terme est de nature à soutenir la progression des cours des actions.

Mais la configuration actuelle est moins favorable aux actions qu’il n’y paraît dans la mesure où c’est le ralentissement de la production industrielle dans un environnement sans inflation qui est à l’origine de la baisse des taux d’intérêt.

Et si l’on prend un peu plus de recul et que l’on regarde l’évolution des actions et des taux depuis septembre 2018 (avant la chute de Wall Street du quatrième trimestre), la donne n’est plus la même puisque le SP500 affiche une progression de seulement +0,7% contre une hausse de +12,4% pour les T-Notes : la loi empirique qui stipule qu’en cas de ralentissement de la production industrielle aux Etats-Unis, les obligations surperforment les actions est un nouvelle fois respectée.

Cette surperformance s’observe également sur le différentiel entre la prime de risque des actions et celle des emprunts d’Etat. Alors qu’entre février 2016 et janvier 2018, le différentiel s’était contracté, passant de 3,8% à 1,9%, le signal de hausse apparu sur cet indicateur en novembre dernier montre que depuis cette date, l’aversion au risque sur les actions du SP500 progresse davantage que sur celle des T-Notes (Cf. chart ci-après).

Ce signal de hausse nous semble assez solide pour envisager qu’il se poursuive à long terme. Le spread est notamment remonté au-dessus de sa moyenne mobile à 100 semaines et son niveau actuel est encore loin du dernier sommet de 2014 lorsqu’il avait atteint les 4,5%.

Conclusion ?

Nous pensons qu’il faut s’interroger sur l’opportunité de profiter d’une nouvelle hausse du SP500 (jusqu’à 3250 points ?) pour sous-pondérer les actions américaines par rapport aux emprunts d’Etat à 10 ans. Le scénario qui semble se profiler semble être le cas d’une dernière phase de hausse sur les actions américaines avant un décrochage qui pourrait s’avérer brutal et qui pourrait ramener le SP50 sur ses plus bas de 2018 (fin de l’année ou début 2020 ?).

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