Après le rebond particulièrement impulsif du premier trimestre, le marché français a éprouvé le besoin de souffler, d’autant qu’il était devenu suracheté à court terme. Fin avril, de nombreux indicateurs attestaient de cet excès : 95% des actions du CAC40 étaient au-dessus de leur moyenne mobile à 100 jours, 15% de ces actions étaient à leur plus haut niveau depuis 12 mois et avec un niveau de 0,50 le ratio Put/Call sur les actions du CAC40 était particulièrement faible.

Le marché a également profité de la perspective d’une saisonnalité défavorable pour débuter son mouvement de correction (Cf. Saisonnalité des marchés : mythe ou réalité ?). Nous pensons toujours qu’il faut analyser cette correction comme une simple consolidation de marché, et non comme un retournement de la tendance haussière initiée en début d’année. Autrement dit, une fois la pause du marché terminée (fin septembre ?), celui-ci devrait repartir de l’avant, avec un objectif moyen terme à 5900 pour le CAC40.

Sur le plan des fondamentaux micro, la donne n’a pas vraiment changé puisqu‘ en glissement annuel, le taux de croissance des prévisions de bénéfices sur les actions du CAC40 (next 12 months) continue de baisser ; il se situe actuellement à 3,9% contre un plus haut à 23% en juillet 2017. C’est un peu faible, mais contrairement aux valeurs du DAX, il n’y a pas encore de contraction !

En revanche, et si on la mesure à l’aune de son P/E prospectif, la valorisation de l’indice est redevenue modérée. Celui-ci s’affiche actuellement à 15,5 contre une moyenne à 5 ans de 15,7, une borne basse à 13,9 et une borne haute à 17,4.

Mais les fondamentaux ne font pas tout ! Il y a également le sentiment des investisseurs. Or les marchés ont déjà anticipé le ralentissement économique (Cf. Baisse des indices au cours du second semestre 2018). Par ailleurs, le sentiment a repris une teinte positive, en raison notamment de la baisse des taux d’intérêt et de l’afflux de liquidités.

Concernant le CAC40, et alors que l’indice est très proche de ses plus hauts, sa prime de risque se maintient à 7% alors qu’elle avait grimpé à 8% en octobre dernier. Depuis mai, on ne peut pas dire que l’aversion au risque a progressé, ce qui est également attestée par l’absence de pression vendeuse au cours de la récente correction. Enfin, le ratio de risque du CAC40 ne montre aucun signe de faiblesse depuis son redressement en zone positive (Cf. Chart ci-après). Il est donc toujours rationnel, d’un point de vue du couple rentabilité/risque, de se positionner à l’achat sur les actions du CAC40 et ceci dans une optique de moyen terme.

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