Le dernier chiffre de la production industrielle aux Etats-Unis a fait état d’un nouveau recul en avril (-0,5%), contredisant une nouvelle fois les attentes des économistes. Dans le même temps, la production industrielle du premier trimestre a été révisée en baisse de 1,9% contre -0,3% initialement estimée.

Du coup, et c’est là qu’il y a danger, le taux de croissance de la production industrielle (en glissement annuel) est tombé à +0,9% contre +5,4% pour le haut de cycle en septembre 2018. Il n’y a pas encore contraction, mais on se rapproche rapidement du seuil fatidique.

A ce titre, la publication de l’ISM manufacturier, lundi prochain, sera à surveiller attentivement en raison de son caractère d’indicateur précurseur de l’évolution de la production industrielle. Le consensus l’attend en légère progression à 53,1 contre 52,8 le mois dernier.

Avec un coefficient de corrélation de 69% sur les trente dernières années, la corrélation de la production industrielle est également forte avec le SP500 (Cf. chart ci-après). Une contraction de la production industrielle constituerait un signal fort et robuste d’une nouvelle correction sur les actions américaines, et par contagion, sur les actions européennes.

La perspective d’une entrée des Etats-Unis en récession n’est pas une surprise compte tenu du conflit commercial qui l’oppose à la Chine, mais les facteurs de risque sont de plus en plus nombreux et elle pourrait avoir lieu plus rapidement que prévu. Que l’on pense notamment à l’inversion de la courbe des taux, avec un rendement du 10 ans qui vient tout juste de passer cette semaine pour la première fois depuis 2006, au-dessous du taux d’intérêt à 3 mois.

Concernant l’indice SP500, la récente dégradation de plusieurs indicateurs économiques coïncide avec la saisonnalité défavorable dans laquelle les actions américaines sont entrées (« Sell in May and go away »). Cette conjonction défavorable renforce ce que nous avions souligné il y a quelques semaines dans un précédent post, à savoir qu’il est préférable de prendre des bénéfices et d’attendre septembre avant d’envisager de revenir massivement sur les actions.

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