Nous avions fait remarquer dans un précédent post que la hausse du taux de change effectif du dollar commençait à peser sur les exportations des Etats-Unis. Nous indiquions que l’économie américaine risquait de perdre un carburant important de sa croissance économique qui pourrait alors connaître un ralentissement en 2019.

La dernière publication des chiffres de la balance commerciale des Etats-Unis montre que le déficit s’est encore aggravé au mois de décembre, pour atteindre son niveau le plus important depuis septembre 2008. On remarquera notamment que les exportations américaines vers la Chine ont progressé de 0,4 milliards de dollars tandis que les importations ont augmenté de 3,6 milliards. Mais le déficit commercial américain s’est également creusé avec le Mexique et l’Union Européenne.

La hausse des tarifs douaniers instaurée par Trump pour réduire le déficit de la balance commerciale ne semble guère efficace. Il faut dire qu’il a peut-être sous-estimé les effets pervers de sa politique fiscale, qui si elle a permis d’augmenter le pouvoir d’achat des américains, a également provoqué une hausse sensible des importations de biens de consommation rendus davantage attractifs en raison de la force du dollar.

Quoi qu’il en soit, et compte tenu de la forte corrélation inverse entre les 2 variables (Cf. chart ci-après), le retour en zone positive du taux de croissance de l’US Dollar Index (en glissement annuel, échelle inversée) est un signe précurseur fort pour une prochaine incursion en zone négative du taux de croissance des exportations américaines (en glissement annuel). Rappelons que la dernière fois que cette configuration s’est produite remonte à janvier 2015 et qu’elle s’est traduite quelques mois plus tard par une chute de la production industrielle des Etats-Unis.

En termes d’allocation d’actifs, un nouvel affaiblissement de la demande globale américaine devrait néanmoins constituer un soutien pour le prix des emprunts d’Etat, mais il rend fragile le rebond des actions dont le potentiel de hausse nous paraît limité au seuil psychologique des 3000 points pour le SP500.

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